Du théâtre à la musique classique

Je ne vais presque plus au théâtre. Et ce n’est pas faute de l’aimer. J’ai une licence en Arts de la scène spécialisée en théâtre, je joue toute les semaines depuis 16 ans, je suis présidente de mon asso de théâtre. Je me suis enthousiasmée très vivement deux ou trois fois cette saison. Et pourtant je ne vais presque plus au théâtre.

Je suis devenue très mauvais public. La perfection, les artistes géniaux et les amis. Je ne supporte plus rien d’autre. Cette saison je me suis même enfuie à un entracte. Ça ne m’étais encore jamais arrivé, je n’allais pas supporter deux de plus de ce que je venais de subir. Littéralement. Je n’ai su dire du bien que des comédiens après. Le texte (Labiche) était navrant. Le metteur en scène en était à faire jouer ses comédiens nus pour nous le faire oublier. La scénographie, boulevard, avec des moyens fous. La mise en scène, boulevard. Labiche, ne supporte que l’épure et le jeu moderne pour être bon. Je le sais, je l’ai déjà vu. J’ai cru que c’était possible de le revoir, je me suis lourdement trompée, on ne m’y reprendra pas.

Heureusement cette saison j’aurais vu La nuit des Rois par mon préféré d’entre tous, Thomas Ostermeier, génie allemand, polyglotte et résolument moderne à travers les textes de toutes les époques. Ma première fois à la Comédie Française. J’ai aussi assistée à une représentation de rêve du Misanthrope par Alain Françon. Les alexandrins comme il devrait toujours être dit, ce mélange subtil et précis de naturel et de respect des vers. Magique, le sourire pendant 2h30. Un bonheur. Et puis, j’ai découvert le travail de Romeo Castellucci sur scène dans sa mise en scène de La Flute Enchantée à l’Opéra de Lille. Son travail sur la blessure de la vie et les grands brulés, j’ai compris sa puissance ce soir là. Ces trois spectacles m’ont montré que j’aime voir du théâtre, mais seulement quand il est parfait. Bien sur il y a aussi le plaisir de voir les amis sur scène, ce n’est pas la même chose, on sait qui on viens voir, on s’attend à passer un bon moment, c’est souvent le cas.

Mais je suis accro au spectacle vivant. Voir des artistes au travail est ma vrai passion dans la vie. Alors il me fallait une alternative et je l’ai trouvée avec la musique classique à l’Orchestre National de Lille. Passion familiale, j’y reviens maintenant. J’y viens, en réalité. J’ai passé ma saison au deuxième rang de l’auditorium du Nouveau Siècle. J’ai regardé avec émotion Jean-Claude Casadesus diriger du haut de ses 85 ans. J’ai observé les musiciens à n’en plus finir. J’ai admiré l’enthousiasme et la fougue de la jeunesse d’Alexandre Bloch, directeur artistique et chef de l’orchestre. Je n’ai quasiment pas quitté Mari Samuelsen du regard, pendant son concert magique de décembre dernier, ou elle est passé du minimalisme scandinave aux Quatre Saisons de Vivaldi, en passant par la ré-interprétation du classique des classiques par Astor Piazzola.

La prochaine saison je n’irais pas au Théâtre du Nord. Je ne suis pas disponible pour la seule soirée de spectacle qui m’intéressait réellement. J’en suis frustrée, mais j’irais au théâtre au coup par coup. Quand l’envie sera là. Quand l’occasion se présentera. En revanche je me prépare à passer ma saison à l’ONL. Une petite vingtaine de places à réserver dans quelques jours. En attendant d’assister à Carmen dans quinze jours…

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